Pourquoi tout le monde parle déjà de la future Maserati MC2
Depuis le retour en grâce de Maserati avec la MC20, les rumeurs autour d’une future « MC2 » enflent. Rien d’officiel pour l’instant sur ce nom, mais plusieurs indices laissent penser que la marque prépare déjà sa prochaine supercar, plus radicale et surtout plus électrifiée.
Alors, que sait-on réellement aujourd’hui, et qu’est-ce qui relève encore de la spéculation éclairée ? Pour y voir clair, il faut croiser la stratégie officielle de Maserati, les choix techniques de la MC20, et ce que font les concurrents directs. Autrement dit : recoller les morceaux du puzzle.
Maserati MC20 : la base de départ incontournable
Impossible de parler de MC2 sans rappeler ce que représente la MC20 dans l’histoire récente de la marque.
Avec la MC20, Maserati est revenu à l’architecture de vraie supercar :
La MC20 sert de vitrine technologique et d’icône de marque. C’est d’autant plus important que Maserati a annoncé une électrification très ambitieuse : une gamme 100 % électrique d’ici 2030, avec la ligne Folgore comme fer de lance.
Dans ce contexte, la prochaine supercar — appelez-la « MC2 » par commodité — ne pourra pas être un simple restylage. Elle devra incarner la deuxième phase : celle de la performance électrique ou fortement hybridée.
Ce qu’on sait officiellement… et ce qu’on ne sait pas
Pour être clair : Maserati n’a pas, à ce jour, officiellement présenté un modèle nommé « MC2 ». Le constructeur a cependant confirmé plusieurs points stratégiques qui cadrent le futur de sa gamme sportive.
Points confirmés par Maserati :
À partir de là, plusieurs scénarios logiques émergent pour une future supercar MC2 :
Dans les deux cas, la MC2 viendrait s’installer comme vitrine technique au-dessus du reste de la gamme Folgore (GranTurismo, Grecale, etc.).
Architecture probable : carbone, électrons et quatre roues motrices
Maserati ne repartira pas d’une feuille blanche, pour une raison simple : la monocoque carbone de la MC20 a été conçue pour être modulaire (coupé, cabriolet Cielo, et électrification à venir).
La future MC2 a donc de grandes chances de reprendre au moins la philosophie suivante :
La vraie question est motorisation : hybride ou 100 % électrique ?
Hybride haute performance ou 100 % électrique ?
Si l’on regarde ce que font les concurrents, on voit deux grandes voies :
Maserati, avec sa gamme Folgore, a clairement montré qu’elle n’a pas peur du 100 % électrique sur des modèles sportifs. La GranTurismo Folgore dépasse déjà 750 ch avec trois moteurs électriques.
Pour une MC2, plusieurs scénarios cohérents existent :
Scénario 1 : Supercar hybride basé sur le V6 Nettuno
Avantages : continuité sonore et émotionnelle du thermique, image « F1 de route » renforcée. Inconvénient : complexité, poids, et horizon 2030 full électrique qui rend ce choix temporaire.
Scénario 2 : Supercar 100 % électrique Folgore
Avantages : cohérence avec la stratégie 100 % électrique, performances brutes monstrueuses, motricité maximale. Inconvénient : risque de perdre une partie des puristes attachés au V6 Nettuno.
À moyen terme, c’est ce deuxième scénario qui paraît le plus aligné avec le discours actuel de Maserati. Mais un modèle de transition (hybride très sportif) n’est pas à exclure, surtout si la marque veut se confronter frontalement à Ferrari sur le terrain du V6 hybride.
Performances attendues : où placer le curseur face à Ferrari et McLaren ?
Une supercar Maserati qui arriverait à l’horizon de la fin de la décennie n’aura pas le droit d’être simplement « rapide ». Le segment est déjà saturé de supercars à 700–800 ch. Pour exister, la MC2 devra frapper plus fort.
On peut raisonnablement projeter des objectifs de ce type :
Le vrai terrain de jeu, ce ne sera plus seulement la ligne droite, mais :
Là-dessus, l’expérience acquise par Maserati sur la GranTurismo Folgore et la future MC20 Folgore sera déterminante. La MC2 arriverait après ces modèles, et profiterait de retours réels sur l’usage sportif des groupes motopropulseurs électriques.
Design : entre filiation MC20 et rupture assumée
Maserati ne va pas casser ce qui fonctionne : la MC20 a été largement saluée pour son design, réussi sans être outrancier. Mais une MC2 devra se distinguer suffisamment pour affirmer son statut de nouvelle ère.
On peut s’attendre à :
La contrainte aerodynamique sera encore plus forte avec un modèle électrique : à haute vitesse, chaque gain de Cx permet de sauver de la batterie, ou de maintenir plus longtemps la pleine puissance.
Côté habitacle, Maserati a déjà montré qu’il savait éviter l’écueil du « tout écran » sans âme. On peut imaginer :
La vraie question sera : comment représenter visuellement la puissance électrique ? Bruit artificiel travaillé ? Feedback haptique ? Maserati devra réussir à donner une personnalité à la MC2, autre que « juste silencieuse et très rapide ».
Place de la MC2 dans la gamme Maserati
Regardons la gamme telle qu’elle se structure :
La MC2 se positionnerait naturellement :
On peut s’attendre à des volumes extrêmement faibles, sur le modèle de ce que font Ferrari ou McLaren avec leurs hypercars en série limitée. Ce n’est pas un modèle « business » au sens strict, mais un modèle image, qui sert à vendre beaucoup de Grecale et de GranTurismo.
Maserati face au défi de l’émotion électrique
Le vrai enjeu pour une éventuellement MC2 ne sera pas seulement la fiche technique. Faire 1 000 ch électriques n’est plus un exploit aujourd’hui. Le défi, c’est d’offrir une expérience de conduite qui ait une saveur Maserati.
Plusieurs axes sont probables :
Maserati a un héritage de voiture de course (MC12, notamment) et de GT racées. Une MC2 devra réussir à concilier cette histoire avec la nouvelle donne électrique. C’est là que se fera la différence face à des électriques ultra performantes mais parfois un peu aseptisées.
Ce qu’on peut raisonnablement anticiper sur la fiche technique
En combinant ce que l’on sait de la stratégie Maserati, de la MC20, et des technologies disponibles, on peut dresser un portrait robot plausible de la future MC2 :
Pourquoi cette future MC2 est stratégique pour Maserati
Au-delà de l’objet de désir, une supercar comme la MC2 aurait un rôle clé pour Maserati :
Dans un marché où tout le monde doit passer à l’électrique, la différence ne se fera pas seulement sur le nombre de kWh ou la taille des écrans, mais sur la capacité à créer des voitures à forte personnalité. Si Maserati réussit ce pari sur son modèle le plus extrême, elle aura une base solide pour décliner cette identité sur le reste de sa gamme.
En attendant la MC2 : pourquoi la MC20 reste la clé
En attendant que Maserati dévoile (ou confirme) une MC2, la MC20 et ses déclinaisons restent les meilleurs indicateurs de ce qui nous attend.
Surveiller de près :
Tous ces éléments donneront des indices très concrets sur la manière dont la marque abordera une supercar de seconde génération.
En résumé : la Maserati MC2, telle qu’on peut la projeter aujourd’hui, ne sera pas seulement une MC20 plus puissante, mais bien la synthèse de deux mondes — l’ADN course et grand tourisme de la marque, et la nouvelle ère de la haute performance électrique. Reste à voir comment Maserati choisira d’équilibrer ces ingrédients… et à quelle dose.
